Avril 2010 - Les Chercheurs confirment que le Mélanome n’est pas causé par une exposition précoce aux rayons UVA - 16-06-2010
L'exposition précoce à la lumière UVA ne causerait pas le mélanome sur le modèle de poisson qui avait précédemment permis de conclure à cette relation ! Les scientifiques de l'Institut du Cancer de l'Université de Texas MD Anderson, ont publié cette étude dans l'??dition en ligne de « Proceedings of the National Academy of Sciences » en Avril 2010 (*).
Ainsi cette nouvelle étude vient rejoindre les conclusions de nombreux scientifiques mondiaux qui avaient déjà contesté le classement du rayonnement des cabines UV comme agent cancérogène, classement effectué par l'OMS en Juillet 2009 sur la base d'anciennes études erronées et/ou incomplètes.
L'exposition aux rayons UVA n'a donc vraisemblablement pas contribué à la hausse des cas de mélanomes durant les 30 ans dernières années comme il l'a précédemment été affirmé ; les chercheurs concluent que le poisson étudié a été le seul modèle animal à indiquer un rapport entre l'exposition aux UVA à un jeune âge et un développement postérieur de mélanome.
« Nos données réfutent la seule preuve qui permettaient d'indiquer que les UVA cause le mélanome, mais cela ne veut pas dire qu'ils sont inoffensifs » indique l'auteur principal de l'étude, David Mitchell, Docteur et Professeur du département de Cancérologie à Smithville, Texas. « Les UVA ne sont pas aussi dangereux que nous l'avions pensé, car ils ne causent pas le mélanome. »
Mitchell et ses collègues ont ainsi évalué les effets d'une exposition aux rayons UVA et UVB sur les poissons hybrides, enclins aux mélanomes, qui développent spontanément le mélanome dans 15 à 20% des cas sans exposition au rayonnement UV. C'est une étude sur ces mêmes poissons qui avait précédemment permis de conclure à la responsabilité des UVA dans le développement du mélanome.
Les scientifiques ont donc exposés quotidiennement aux UVA ou aux UVB, entre leur 5ème et 10ème jour de vie, une forme hybride de poisson, du genre Xiphophorus. Le poisson ayant réagi le plus mal n'a été atteint d'un mélanome que 14 mois après son exposition. « Nous avons constaté que lors d'une exposition aux rayons UVB, les cas de mélanome étaient de 43% sur les 194 poissons exposés. Un taux beaucoup plus élevé que les 18,5% du groupe témoin n'ayant reçu aucune exposition UV » indique Mitchell, « On s'y attendait, car l'exposition aux UVB à un jeune âge est une cause bien établie de mélanome. ». Seulement 12,4% des 282 poissons exposés aux UVA ont développé la maladie, résultats qui n'est statistiquement pas très différent du groupe témoin.
Une étude influente de 1993 utilisant le même poisson hybride faisait la relation entre exposition aux rayons UVA et mélanome. Jusqu'à cette étude, on disait que les crèmes solaires protégeaient seulement contre l'exposition aux rayons UVB, ce qui représentait un réel problème de santé publique, les UVA composant 95 % du spectre d'ultraviolets de la lumière du soleil.
« L'idée était que les gens ayant mis de la crème solaire restaient au soleil plus longtemps, absorbant ainsi une dose plus élevée d'UVA, causant un risque plus élevé de mélanome » indique Mitchell. La plupart des crèmes solaires protègent maintenant contre les rayons UVA. Pourtant, l'augmentation des cas de mélanome a été attribuée en partie aux expositions pendant l'enfance aux rayons UVA, à une époque où les crèmes solaires bloquaient seulement les rayons UVB. «C'est peu probable, au vu des nouveaux résultats », affirme Mitchell.
L'expérience de 1993 ne pouvait pas être reproduite sur des cas de mélanomes présents sur des mammifères, et une rétrospective statistique de l'étude de 1993 mettait en lumière des problèmes de types de mélanomes trop petits pour apporter une réponse définitive sur la question des conséquences d'une exposition aux UVA.
Ainsi, Mitchell et ses collègues ont reconduit l'expérience de 1993 avec des types de plus grande taille, permettant d'aboutir à des conclusions plus sûres.
Ils ont ainsi classés les mélanomes trouvés dans chaque groupe : le poisson exposé aux UVB a une incidence plus sévère, (phase IV de la maladie), ceux exposés aux UVA ont des mélanomes de phase significativement moins avancé. Les expositions aux rayons UVB endommagent directement l'ADN tandis que les rayons UVA n'infligent qu'indirectement des dégâts, les radicaux libres poussant la mélanine à réagir avec l'ADN, formant ainsi une oxydation pouvant mener au mélanome.
Des études antérieures avaient montré une corrélation entre la formation de la mélanine et le mélanome dans la gamme du spectre solaire UVA. Depuis que Mitchell et ses collègues n'ont trouvé aucun lien de causalité entre les UVA et le mélanome, ils notent donc que leur rôle concernant cette maladie est remis en question.
(*) Etude publiée sur http://www.pnas.org/content/early/2010/04/26/1000324107.abstract
Lire aussi :
Pas de liens de causalité entre risque de cancer de la peau et utilisation de solarium - 1er Avril 2010
La méthodologie de recherche imprécise du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) critiquée : le rapport du CIRC est lacunaire car les différents types de peau n'ont pas été pris en compte
William B. Grant, un des experts les plus renommés mondialement dans le domaine de la recherche sur la vitamine D, est très critique envers la méthodologie utilisée par le Centre international de recherche sur le cancer (International Agency for Research on Cancer ' CIRC) lors de ces recherches sur un lien entre utilisation des solariums et risque de cancer de la peau. « Le CIRC a pris en compte 19 études au total comme base d'une méta-analyse et après avoir examiné les données, il en a conclu qu'il existe un lien entre utilisation de solariums et risque de cancer de la peau pour la tranche d'âge des moins de 35 ans. Sur ces 19 études, cinq se rapportent à des sujets qui présentent le type de peau 1. Comme ce type de peau, conditionné génétiquement, est lié à un risque plus important de développer un cancer de la peau, il est depuis toujours vivement conseillé à ce groupe de population d'éviter l'ensoleillement ' que ce soit dans un solarium ou à l'air libre [Rappelons qu'en France l'accès des cabines UV est interdit aux phototypes 1]. Pour un travail méthodique et précis, ce groupe doit être considéré séparément. Le CIRC a manifestement négligé cela », explique William B. Grant. Et d'ajouter que si l'on procède à cet examen séparé, il n'y aurait pas de liens de causalité entre utilisation de solariums et risque de cancer de la peau.
Dans une étude parue dernièrement dans la revue spécialisée « Dermato-Endocrinology », Grant évoque en détail la méthodologie de recherche lacunaire du CIRC.
Source : Vous trouverez un résumé de l'article « William B. Gran t: Critique of the International Agency for Research on Cancer's meta-analyses of the association of sunbed use with risk of cutaneous malignant melanoma, in: Dermato-Endocrinology 1:6, 1-7; November/December 2009 » sur le site web de l'ESA www.europeansunlight.eu à télécharger.
Le Comité scientifique du Ministère de la santé néerlandais soutient l'utilisation modérée des solariums ' 11 Décembre 2009
Selon les observations du Comité scientifique du Ministère de la santé néerlandais (Dutch Health Council), rien ne va à l'encontre d'un ensoleillement modéré à l'air libre ou dans un solarium. Le Comité scientifique expose dans sa lettre adressée aux Ministères néerlandais compétents en matière de santé et de défense des consommateurs qu'on ne peut en aucun cas affirmer avec certitude que l'utilisation de solariums s'accompagne d'un risque accru de cancers de la peau. En outre, le Conseil de la santé émet à ce propos d'importantes réserves sur la décision adoptée récemment par l'agence internationale de recherche sur le cancer (IARC/CIRC) consistant à classer les rayons UV et les solariums dans la première catégorie de risque de cancer. Les preuves scientifiques ne sont ainsi pas fondées. Dans leur observation, les scientifiques membres du comité expliquent, en outre, les conséquences positives d'un apport suffisant de vitamine D pour le corps humain, vitamine qui est formée dans la peau à plus de 90 % quand elle est stimulée par un rayonnement UV. « C'est un signal très positif qu'une institution aussi importante que le Dutch Health Council s'en tienne exclusivement à des critères objectifs démontrables pour évaluer les conséquences de l'ensoleillement et en tire des conclusions équilibrées », commente Ad Brand du Sunlight Research Forum (SRF) sur l'observation du Comité scientifique.
Le Dutch Health Council est le principal Comité consultatif scientifique des Pays-Bas dans le domaine de la santé. Ses études, ses observations et ses recommandations constituent souvent la base des projets de législation.
Remarques :
. L' observation du Conseil de la santé néerlandais « Advisory letter UV radiation and sunbeds » peut être téléchargé sur le site web du SRF : www.sunlightresearchforum.eu.
. Vous trouverez de plus amples informations concernant le Conseil de la santé néerlandais sur www.gezondheidsraad.nl/en

